Aidant familial et retraite : valider ses trimestres (AVA)

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Aidant familial et retraite : valider ses trimestres (AVA)

Lorsqu’un proche perd de l’autonomie ou vit avec un handicap, l’aide quotidienne oblige parfois à modifier un emploi, à interrompre une recherche d’activité ou à renoncer à certaines heures travaillées. Dans cette situation, l’assurance vieillesse des aidants, souvent abrégée AVA, soulève des questions très concrètes sur les droits à la retraite de base. L’enjeu est de distinguer les périodes reconnues, les démarches à effectuer et les régimes qui restent en dehors du dispositif. Voici comment s’y retrouver selon la forme d’aide apportée et le statut professionnel.

Sommaire

Ce qu’il faut savoir :

  • L’AVA permet, sous conditions, de valider des trimestres de retraite de base pendant une période de réduction ou de cessation d’activité consacrée à l’aide d’un proche.
  • Les cotisations vieillesse sont prises en charge par la Caf ou par la MSA lorsque l’aidant relève du régime agricole.
  • L’affiliation est automatique avec l’AJPA ou l’AJPP, mais une demande reste nécessaire dans plusieurs autres situations, en particulier lors d’un congé de proche aidant non indemnisé.
  • Le congé de proche aidant non indemnisé ouvre l’accès à l’AVA dans la limite de 264 jours sur l’ensemble de la carrière, sous réserve des conditions prévues.
  • L’AVA concerne la retraite de base et ne remplace pas les règles de retraite complémentaire propres à l’activité professionnelle ou au régime de l’aidant.

Que valide exactement l’AVA pour la retraite ?

L’assurance vieillesse des aidants permet de continuer à acquérir des droits à la retraite de base lorsque l’activité professionnelle est réduite ou interrompue pour aider une personne en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Les cotisations vieillesse correspondant à cette période sont alors prises en charge par la Caf ou la MSA.

Le dispositif ne crée pas une pension immédiate et ne verse pas directement un salaire à l’aidant. Il sert à préserver la constitution des droits de retraite de base pendant une période où les revenus professionnels peuvent diminuer ou disparaître. La retraite complémentaire obligatoire fonctionne séparément, selon le régime concerné et les points acquis.

Dans quelles situations l’AVA s’applique-t-elle ?

Trois grands cas permettent d’identifier le régime applicable. Le congé de proche aidant non indemnisé nécessite une démarche et reste soumis à une limite de durée. À l’inverse, la perception de l’AJPA ou de l’AJPP entraîne une affiliation automatique.

Situation de l’aidantAffiliation à l’AVADémarche ou limite
Congé de proche aidant non indemniséPossible sous conditionsDemande auprès de la Caf ou de la MSA, dans la limite de 264 jours sur la carrière
Bénéficiaire de l’AJPA ou de l’AJPPAutomatiqueL’AJPA indemnise le congé dans la limite de 66 jours par personne aidée
Parent d’un enfant handicapé ou aidant d’un adulte handicapéAutomatique ou sur demande selon le casConditions de handicap, de ressources et, pour un adulte, accord de la MDPH

Le congé de proche aidant est ouvert aux salariés du secteur privé, aux agents publics, aux travailleurs indépendants et aux demandeurs d’emploi indemnisés. Sa durée maximale est de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière professionnelle, sauf accord collectif plus favorable. Cette durée de congé et la limite de 264 jours d’affiliation à l’AVA sont deux repères distincts.

Quel handicap ou quelle perte d’autonomie ouvre le droit ?

Pour un proche âgé, l’AVA peut concerner une personne bénéficiaire de l’APA avec un classement en groupe iso-ressources de 1 à 4. Le proche aidé peut aussi présenter un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou être invalide ou bénéficiaire d’une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle assortie d’une majoration ou d’une prestation complémentaire pour recours à une tierce personne.

Les règles diffèrent pour un enfant en situation de handicap. L’enfant ne doit pas être admis en internat et doit présenter un taux d’incapacité d’au moins 80 %. Une incapacité comprise entre 50 % et 79 % peut aussi être prise en compte lorsque l’enfant bénéficie d’un complément d’AEEH ou de la PCH. Pour aider un adulte handicapé, le taux d’incapacité doit atteindre au moins 80 %, les revenus de l’aidant doivent rester inférieurs à 63 % du plafond de la Sécurité sociale et la MDPH doit avoir donné son accord.

La vie commune et le lien de parenté ne sont pas exigés. Un aidant peut donc accompagner une personne avec laquelle il entretient des liens étroits sans vivre sous le même toit. Pour comprendre la différence entre les termes utilisés, consultez aussi cette présentation du statut de proche aidant.

Comment demander l’affiliation à la Caf ou à la MSA ?

L’affiliation ne demande aucune formalité supplémentaire lorsque l’aidant perçoit l’AJPA ou l’AJPP. Elle est également automatique pour le parent qui assume la charge d’un enfant handicapé remplissant les conditions prévues, lorsque l’enfant n’est pas accueilli en internat.

Dans les autres cas, l’aidant doit contacter la Caf. La MSA intervient lorsque l’aidant relève du régime agricole. Le dossier comprend le formulaire prévu et les justificatifs correspondant à la situation, par exemple une attestation d’APA, une preuve d’aide régulière ou une déclaration de ressources.

Un conseiller France services, le centre communal d’action sociale ou un point d’information local pour les personnes âgées peut accompagner la constitution du dossier. La demande doit être rattachée à la caisse dont dépend l’aidant, et non à celle de la personne aidée.

Pourquoi l’AVA ne remplace-t-elle pas la retraite complémentaire ?

L’AVA protège les droits de la retraite de base. Elle ne transforme pas automatiquement la période d’aidance en points de retraite complémentaire. Cette seconde retraite dépend du régime auquel l’aidant est affilié et des règles liées à son activité professionnelle.

La distinction compte pour un salarié qui réduit son temps de travail, un indépendant qui cesse temporairement son activité ou une personne qui suspend sa recherche d’emploi. Les droits de base peuvent être préservés par l’AVA si les conditions sont réunies, tandis que les droits complémentaires suivent leur propre mécanisme.

L’AJPA répond à une autre logique. Elle compense temporairement l’interruption ou la réduction d’activité dans le cadre du congé de proche aidant. Au 1er janvier 2026, son montant journalier est de 66,64 €, et son attribution est limitée à 66 jours par personne aidée. La perception de cette allocation entraîne toutefois l’affiliation automatique à l’AVA.

Les fonctionnaires sont-ils concernés par l’AVA ?

Pour les situations liées au congé de proche aidant non indemnisé ou à la perception de l’AJPA ou de l’AJPP, les fonctionnaires, les militaires et les magistrats ne peuvent pas être affiliés à l’AVA. Leur retraite relève de leur régime spécial, qui prend en charge leurs droits selon ses propres règles.

Cette exclusion concerne les situations 1 et 2 du dispositif. Elle ne permet pas de conclure que toutes les situations d’aidance sont traitées de la même manière pour les agents publics : le type de proche aidé et le fondement de la demande restent déterminants.

Questions fréquentes

Faut-il être un membre de la famille pour bénéficier de l’AVA ?

Non. La personne aidée peut être un proche avec lequel l’aidant entretient des liens étroits et stables. Il n’est pas nécessaire de vivre avec elle ni de disposer d’un lien de parenté.

La Caf verse-t-elle les cotisations de l’aidant agricole ?

Non. La MSA prend en charge les cotisations lorsque l’aidant relève du régime agricole. La Caf intervient pour les personnes rattachées au régime général concerné.

Que se passe-t-il si l’AJPA est versée pour plusieurs personnes ?

La limite de 66 jours s’apprécie par personne aidée. L’AJPA reste donc rattachée à chaque situation d’aide, tandis que la période d’affiliation au titre du congé de proche aidant non indemnisé est plafonnée à 264 jours sur l’ensemble de la carrière.

Une personne sans emploi peut-elle être concernée par l’AVA ?

Oui, le congé de proche aidant est ouvert aux demandeurs d’emploi indemnisés. La réduction ou l’interruption de la recherche d’emploi doit toutefois s’inscrire dans une situation ouvrant droit au dispositif et faire l’objet des démarches nécessaires lorsque l’affiliation n’est pas automatique.

Une personne en établissement peut-elle être aidée dans le cadre de l’AVA ?

Pour un enfant en situation de handicap, l’AVA vise la situation dans laquelle l’enfant n’est pas admis en internat. Les conditions liées à l’accueil en établissement doivent donc être examinées avant le dépôt de la demande.

Comment vérifier que la période d’aidance a bien été prise en compte ?

Les droits de retraite de base doivent être contrôlés sur le relevé de carrière. En cas d’absence d’une période, l’aidant doit conserver la décision d’affiliation, les justificatifs de congé ou d’AJPA et les documents transmis à la Caf ou à la MSA afin de demander une correction à la caisse concernée.

Sources

Sources consultées le 14 octobre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. Comment bénéficier de l’assurance vieillesse des aidants (AVA) ? | Pour les personnes âgées, www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/solutions-pour-les-aidants/soutien-financier/comment-beneficier-de-l-assurance-vieillesse-des-aidants-ava
  2. Aidant familial, proche aidant : quelles définitions et quelles aides ? | Pour les personnes âgées, www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/solutions-pour-les-aidants/trouver-du-soutien/aidant-familial-proche-aidant-quelles-definitions-et-quelles-aides