APA à domicile : quel montant selon le niveau de dépendance ?

Droits & aides

APA à domicile : quel montant selon le niveau de dépendance ?

Mis à jour le 28 août 2026, barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Quand un proche âgé perd en autonomie, la question du financement arrive vite sur la table. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile est une aide versée par le conseil départemental qui prend en charge une partie des dépenses liées à la perte d’autonomie d’une personne de 60 ans ou plus. Son montant n’est pas le même pour tout le monde : il dépend à la fois du degré de dépendance, mesuré par un GIR, et des ressources de la personne aidée.

En bref : le montant du plan d’aide APA est plafonné selon le GIR de la personne, au 1er janvier 2026 : 2 080,33 € pour le GIR 1, 1 682,30 € pour le GIR 2, 1 215,99 € pour le GIR 3 et 811,52 € pour le GIR 4. En dessous de 933,89 € de ressources mensuelles, aucune participation n’est demandée; au-delà, une partie du plan d’aide reste à la charge du bénéficiaire, jusqu’à 90 % au-delà de 3 439,31 € par mois.

Quel plafond selon votre niveau de GIR ?

Le montant maximal du plan d’aide APA dépend directement du GIR (groupe iso-ressources) de la personne, un classement de 1 à 6 établi par l’équipe médico-sociale du département à partir de la grille AGGIR lors d’une visite à domicile. Plus la dépendance est lourde, plus le plafond mensuel est élevé, puisque les besoins d’accompagnement augmentent en conséquence.

Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA. Les personnes classées en GIR 5 ou 6, considérées comme autonomes ou très peu dépendantes, ne sont pas éligibles à cette allocation et doivent se tourner vers d’autres dispositifs.

Niveau de dépendance (GIR)Plafond mensuel du plan d’aide APA (au 1er janvier 2026)
GIR 1 (dépendance la plus lourde)2 080,33 €
GIR 21 682,30 €
GIR 31 215,99 €
GIR 4 (dépendance la plus légère éligible)811,52 €

Ce plafond n’est pas un montant automatiquement versé : il correspond au maximum que le plan d’aide peut financer. Le montant réellement pris en charge dépend ensuite du coût des prestations prévues dans ce plan (heures d’aide à domicile, portage de repas, téléassistance, aménagement du logement…) et de la participation financière laissée à la charge de la personne. Ces plafonds peuvent aussi être majorés lorsque le proche aidant indispensable de la personne a besoin de répit ou se trouve lui-même hospitalisé. Les conditions d’accès à l’allocation, au-delà du seul critère de dépendance, sont détaillées dans les conditions et démarches pour demander l’APA.

Comment vos revenus réduisent-ils le montant versé ?

L’attribution de l’APA n’est soumise à aucune condition de ressources : toute personne de 60 ans ou plus, résidant en France de façon stable, classée en GIR 1 à 4, peut la demander quel que soit son niveau de revenus. En revanche, une fois le plan d’aide établi, le montant réellement pris en charge par le département varie selon un barème de participation qui grimpe avec les ressources mensuelles.

Trois situations se distinguent, sur la base des seuils en vigueur au 1er janvier 2026. Avec des revenus inférieurs ou égaux à 933,89 € par mois, aucune participation n’est demandée : le plan d’aide est pris en charge intégralement, dans la limite du plafond de GIR. Entre 933,90 € et 3 439,31 € par mois, la participation est modulée progressivement entre 0 % et 90 % du montant du plan d’aide, selon le niveau exact de ressources. Au-delà de 3 439,31 € par mois, la participation atteint 90 % du plan d’aide, quel que soit le montant des revenus.

Comment se calcule concrètement le reste à charge ?

Le montant versé au titre de l’APA correspond au coût des prestations prévues dans le plan d’aide, dans la limite du plafond de GIR, moins la participation financière due selon les revenus. Trois cas concrets permettent de comprendre le mécanisme.

Une personne classée en GIR 2, dont le plan d’aide prévoit 1 500 € de dépenses mensuelles d’aide à domicile et de portage de repas, avec des revenus inférieurs à 933,89 € par mois, perçoit l’intégralité des 1 500 €, puisque ce montant reste sous le plafond de 1 682,30 € et que sa participation est nulle. Une personne en GIR 3, avec des dépenses réelles de 1 250 € par mois et les mêmes faibles revenus, ne récupère que 1 215,99 € (le plafond de son GIR) : la différence de 34,01 € reste à sa charge, non pas à cause de ses revenus mais parce que ses dépenses dépassent le plafond autorisé pour ce niveau de dépendance. Une personne en GIR 4, avec 700 € de dépenses mensuelles mais des revenus supérieurs à 3 439,31 € par mois, doit assumer 90 % de la facture, soit 630 €, le département ne versant que 70 € directement au service d’aide à domicile.

Ces exemples montrent que deux facteurs jouent simultanément : le plafond lié au GIR limite le montant maximal finançable, et le taux de participation lié aux revenus détermine la part réellement couverte dans cette limite. Le reste à charge, lorsqu’il existe, peut ensuite ouvrir droit à un crédit d’impôt sur les dépenses d’aide à domicile; le détail de ce mécanisme et des montants concernés est expliqué dans cet article sur le coût de l’aide à domicile après crédit d’impôt.

Que finance le plan d’aide et comment l’APA est-elle versée ?

Le plan d’aide qui accompagne la décision d’attribution liste précisément les prestations financées par l’APA : heures d’intervention d’une aide à domicile, matériel comme des barres d’appui ou des aides techniques pour l’alimentation et l’habillage, fournitures d’hygiène, portage de repas, téléassistance, travaux d’aménagement du logement, accueil temporaire à la journée ou avec hébergement, ou encore solutions de transport.

Le versement peut prendre deux formes. Si la personne emploie directement une aide à domicile, l’APA lui est versée sur son compte ou sous forme de CESU, à hauteur du nombre d’heures prévu dans le plan d’aide. Si elle passe par un service prestataire, l’allocation peut être versée directement à ce service, à l’établissement d’accueil temporaire, ou à l’organisme qui fournit le matériel ou réalise les travaux. Le premier versement intervient le mois qui suit la décision d’attribution. Le conseil départemental peut ensuite demander des justificatifs de dépenses, comme des factures, et récupérer les sommes non utilisées conformément au plan d’aide.

Que se passe-t-il en cas d’urgence ou d’hospitalisation ?

Une procédure d’APA en urgence permet de percevoir une avance à titre provisoire lorsque la situation exige une aide immédiate, avant même l’instruction complète du dossier. Ce montant forfaitaire, fixé à 1 022,78 € en 2025, reste dû par le bénéficiaire si sa demande d’APA est finalement rejetée : il faut alors le rembourser, en tout ou partie.

L’hospitalisation modifie aussi le versement de l’allocation. Au-delà de 30 jours d’hospitalisation, le versement de l’APA peut être suspendu à compter du 31e jour; il reprend automatiquement à partir du premier jour du mois où la personne quitte l’hôpital. Signaler rapidement toute hospitalisation au service APA du département évite d’avoir à rembourser un trop-perçu. D’autres situations peuvent aussi entraîner une suspension : absence de déclaration du salarié embauché dans le délai d’un mois, défaut de transmission des justificatifs demandés, non-paiement de la participation financière, ou constat par l’équipe médico-sociale que le service rendu ne correspond pas à ce qui a été prescrit.

Les plafonds de GIR peuvent enfin être majorés lorsque le proche aidant indispensable de la personne a besoin de répit, ou en cas d’hospitalisation de cet aidant. Pour être reconnu comme aidant indispensable, il doit assurer une présence ou une aide sans laquelle le maintien à domicile ne serait pas possible, sans pouvoir être remplacé par un autre membre de l’entourage. Les règles propres à ce statut, notamment sur le plan financier, sont détaillées dans cet article sur le statut, le salaire et les aides de l’aidant familial.

Quelles alternatives si le GIR 5 ou 6 exclut l’APA ?

Une personne dont la perte d’autonomie est évaluée en GIR 5 ou 6 par l’équipe médico-sociale ne peut pas bénéficier de l’APA, ce niveau de dépendance étant jugé trop faible pour ouvrir ce droit. Cela ne signifie pas pour autant qu’aucune aide n’existe.

Une aide peut être sollicitée auprès de la caisse de retraite de la personne ou de sa mairie, ces organismes pouvant accorder, sous conditions, des aides aux personnes âgées non éligibles à l’APA. Des aides pour l’adaptation du logement sont également mobilisables auprès d’autres organismes. L’APA n’est en aucun cas récupérée sur la succession du bénéficiaire, conformément à l’article L232-19 du code de l’action sociale et des familles, et elle est exonérée d’impôt sur le revenu.

Questions fréquentes

L’APA est-elle soumise à condition de ressources ?

Non, l’attribution de l’APA ne dépend pas des revenus : seuls le GIR et l’âge conditionnent le droit à l’allocation. Les revenus interviennent ensuite uniquement pour déterminer la part du plan d’aide qui reste à la charge de la personne.

L’APA peut-elle être réclamée par le département après le décès ?

Non, l’APA n’est jamais récupérée sur la succession du bénéficiaire, ni pendant sa vie en cas d’amélioration de sa situation financière : cette règle est fixée par l’article L232-19 du code de l’action sociale et des familles.

Faut-il déclarer l’APA aux impôts ?

L’APA est exonérée d’impôt sur le revenu et ne doit pas être reportée dans la déclaration de revenus. Le reste à charge, lui, peut en revanche être déclaré pour bénéficier d’un crédit d’impôt sur les dépenses d’aide à domicile.

Le montant peut-il être révisé si les besoins évoluent ?

Oui, tout changement de situation (dégradation de l’état de santé, départ ou décès de l’aidant, changement d’intervenant) doit être signalé à l’équipe médico-sociale du département, qui peut alors réévaluer le GIR et ajuster le plan d’aide en conséquence.

Sources

Sources consultées le 28 août 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/l-apa-a-domicile
  2. www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/perte-d-autonomie-evaluation-et-droits/l-allocation-personnalisee-d-autonomie-apa