APA : qui peut en bénéficier et comment la demander ?
Mis à jour le 26 août 2026, barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
L’allocation personnalisée d’autonomie est une aide financière destinée aux personnes âgées qui perdent en autonomie et qui prend en charge une partie des dépenses liées à leur situation, à domicile ou en établissement. Beaucoup de familles la découvrent tard, souvent après une chute ou une hospitalisation, sans savoir qui peut réellement en bénéficier ni par où commencer les démarches.
En bref : l’APA s’adresse aux personnes de 60 ans ou plus, en perte d’autonomie évaluée en GIR 1 à 4, résidant en France de façon stable et régulière. Elle est versée par le conseil départemental, sans condition de ressources pour l’obtenir, mais le reste à charge augmente au-delà de 933,89 € de revenus mensuels (au 1er janvier 2026); la demande se fait auprès du département, via un formulaire papier ou un service en ligne selon le lieu de résidence.
Qui peut toucher l’APA en 2026 ?
Trois conditions cumulatives ouvrent le droit à l’allocation personnalisée d’autonomie : avoir 60 ans ou plus, résider en France de manière stable et régulière, et présenter une perte d’autonomie classée en GIR 1, 2, 3 ou 4. Le GIR, ou groupe iso-ressources, mesure le degré de dépendance à partir de la grille AGGIR, utilisée par l’équipe médico-sociale du département lors d’une visite d’évaluation à domicile.
Aucune condition de revenus ne conditionne l’accès à l’aide elle-même : une personne aux revenus élevés peut tout à fait être éligible. Ce que les ressources influencent, c’est le montant restant à sa charge une fois le plan d’aide établi. À l’inverse, les personnes classées en GIR 5 ou GIR 6, jugées encore suffisamment autonomes, ne peuvent pas bénéficier de l’APA et doivent se tourner vers d’autres dispositifs, comme l’aide sociale du département pour l’aide-ménagère.
Un point mérite d’être précisé pour les personnes qui envisagent une entrée en EHPAD : l’APA à domicile et l’APA en établissement obéissent à des règles de calcul différentes. Un bénéficiaire qui quitte son logement pour un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes verra donc son montant d’aide recalculé, sans continuité automatique du montant précédent.
APA à domicile ou en établissement, quelle différence ?
L’APA à domicile finance les dépenses qui permettent de rester vivre chez soi malgré la perte d’autonomie, tandis que l’APA en établissement réduit le tarif dépendance facturé en EHPAD ou en unité de soins de longue durée. Les deux versions relèvent du même conseil départemental, mais leurs modes de calcul et leurs usages diffèrent sensiblement.
L’APA à domicile couvre un champ large : interventions d’une aide à domicile, matériel adapté (barres d’appui, chemins lumineux, aides techniques pour l’alimentation ou l’habillage), fournitures d’hygiène, portage de repas, téléassistance, travaux d’aménagement du logement, accueil temporaire à la journée ou avec hébergement, ou encore solutions de transport. Elle concerne aussi bien les personnes vivant en appartement ou en maison que celles installées en résidence autonomie, en résidence services, en petite unité de vie ou chez des accueillants familiaux.
L’APA en établissement, elle, ne finance pas l’hébergement lui-même mais uniquement la part liée à la dépendance dans la facture. Pour les personnes aux revenus inférieurs à 2 846,77 € par mois en 2026 et bénéficiaires de l’APA en établissement, un cas particulier de calcul s’applique, propre à ce type de résidence. Dans les deux cas, l’allocation est exonérée d’impôt sur le revenu et n’a pas à être déclarée, même si le reste à charge peut, lui, ouvrir droit à un crédit d’impôt.
Comment se calcule le montant de l’APA à domicile ?
Le montant dépend de trois éléments combinés : le GIR de la personne, le coût des aides prévues dans son plan d’aide, et ses revenus mensuels. Chaque GIR correspond à un plafond maximal de plan d’aide, fixé au 1er janvier 2026, que l’allocation ne peut pas dépasser.
En dessous de 933,89 € de ressources mensuelles, la participation du bénéficiaire aux dépenses du plan d’aide est nulle. Entre 933,90 € et 3 439,31 € par mois, cette participation est modulée progressivement, de 0 % à 90 % du montant du plan d’aide selon le niveau de revenus. Au-delà de 3 439,31 € mensuels, la participation atteint 90 % du plan d’aide, le département ne prenant en charge que les 10 % restants.
Ces plafonds par GIR permettent d’illustrer des situations concrètes. Une personne classée en GIR 2, dont le plan d’aide s’élève à 1 500 € par mois pour des interventions à domicile, reste sous le plafond fixé à 1 682,30 € pour ce niveau de GIR : l’APA couvre alors l’intégralité des 1 500 €, versés directement à la personne ou au prestataire. Une personne en GIR 3 avec des dépenses réelles de 1 250 € par mois, alors que le plafond de son GIR est de 1 215,99 €, devra en revanche assumer la différence, soit 34,01 € de reste à charge mensuel. Enfin, pour une personne en GIR 4 dont les dépenses s’élèvent à 700 € par mois et dont les revenus dépassent 3 439,31 €, le taux de participation de 90 % conduit à régler 630 € et à ne recevoir que 70 € d’APA versés au service d’aide à domicile. Ces plafonds peuvent être majorés lorsque le proche aidant indispensable de la personne a besoin de répit, ou en cas d’hospitalisation de ce même proche aidant.
| GIR | Plafond mensuel du plan d’aide (au 1er janvier 2026) | Exemple de reste à charge |
|---|---|---|
| GIR 2 | 1 682,30 € | 0 € si les dépenses restent sous le plafond et selon les revenus |
| GIR 3 | 1 215,99 € | 34,01 € si les dépenses réelles dépassent le plafond |
| GIR 4 | 811,52 € | 630 € si le taux de participation atteint 90 % |
Comment faire la demande d’APA à domicile ?
La demande d’APA à domicile s’adresse exclusivement au conseil départemental du lieu de résidence, à l’aide du formulaire de demande d’aides à l’autonomie à domicile. Selon le département, cette démarche peut s’effectuer soit par un service en ligne, soit par un formulaire papier envoyé par courrier.
Une fois la demande reçue, un professionnel de l’équipe médico-sociale du département se déplace au domicile de la personne pour évaluer ses besoins et déterminer son GIR à partir de la grille AGGIR. Cette visite débouche sur une proposition de plan d’aide personnalisé, qui détaille la nature des prestations accordées et leur montant, en tenant compte aussi de la situation des proches aidants éventuels.
Le premier versement de l’APA intervient le mois qui suit la décision d’attribution. Selon le choix inscrit dans le plan d’aide, l’allocation peut être versée directement à un prestataire de services, ou à la personne elle-même par virement bancaire ou sous forme de chèques emploi service universel, lorsque celle-ci emploie directement une aide à domicile. Pour l’APA en établissement, la démarche est différente : il faut se renseigner directement auprès de la direction de l’établissement choisi, qui indique les formalités à accomplir.
Que faire en cas d’urgence ou de désaccord sur la décision ?
Une situation nécessitant une aide immédiate peut donner lieu à une APA d’urgence, versée à titre provisoire sous forme d’avance. Ce mécanisme reste récupérable si la personne s’avère finalement éligible à l’APA classique, et un remboursement partiel ou total peut être exigé si la demande définitive est rejetée.
Si la décision du président du conseil départemental ne convient pas au bénéficiaire, qu’il s’agisse d’un refus, d’une contestation du GIR attribué, du montant de la participation financière ou de la nature des aides prévues dans le plan d’aide, un recours préalable est obligatoire avant toute autre démarche. Ce courrier doit être adressé au président du conseil départemental dans les deux mois suivant la réception de la décision, accompagné de la notification contestée et de toute pièce utile. Le président dispose ensuite de deux mois pour répondre.
Si le désaccord persiste après ce recours, la personne peut saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois suivant la réponse du conseil départemental, en joignant le courrier de réponse au recours préalable. Ce recours préalable est une étape obligatoire : il n’est pas possible de saisir directement le tribunal sans l’avoir effectué au préalable.
L’APA peut-elle être suspendue ou récupérée ?
Le versement de l’APA peut être suspendu, notamment en cas d’hospitalisation prolongée : au-delà de 30 jours d’hospitalisation, l’allocation peut être interrompue à compter du 31e jour. Il est donc conseillé de prévenir le conseil départemental dès qu’une hospitalisation se prolonge, afin d’éviter d’avoir à rembourser un trop-perçu.
En dehors de ce cas et de quelques autres motifs de suspension, l’APA présente une particularité importante : elle n’est jamais récupérable. Le conseil départemental ne peut réclamer aucun remboursement si la situation financière du bénéficiaire s’améliore de son vivant, et rien n’est récupéré sur sa succession après son décès. Cette absence de récupération distingue nettement l’APA d’autres aides sociales, où une reprise sur succession est parfois prévue.
L’allocation ne peut pas non plus se cumuler avec certaines autres prestations, notamment l’aide sociale du département ou l’aide de la caisse de retraite pour l’aide-ménagère à domicile, les aides des caisses de retraite, la majoration tierce personne, la prestation complémentaire pour recours à tierce personne, ou la prestation de compensation du handicap. Un bénéficiaire ne peut donc pas additionner l’APA à ces dispositifs, même s’il y serait par ailleurs éligible.
Questions fréquentes
Une personne en GIR 5 ou 6 peut-elle obtenir une aide équivalente à l’APA ?
Non, l’APA n’est accordée qu’à partir du GIR 4 et jusqu’au GIR 1. Une personne classée en GIR 5 ou 6 ne peut pas en bénéficier, mais elle peut se renseigner auprès de son conseil départemental sur d’autres aides existantes pour l’aide-ménagère ou l’adaptation du logement.
Faut-il déclarer l’APA aux impôts ?
L’APA est exonérée d’impôt sur le revenu et ne doit pas être reportée dans la déclaration de revenus. En revanche, le reste à charge lié aux dépenses d’aide à domicile ou d’hébergement peut ouvrir droit à un crédit d’impôt, à condition de le déclarer et de déduire le montant d’APA perçu des dépenses concernées.
Que se passe-t-il si l’on déménage à l’étranger tout en percevant l’APA ?
Résider dans un établissement situé hors du territoire français exclut le bénéfice de l’APA, car la condition de résidence stable et régulière en France doit être remplie en continu pour conserver le droit à cette allocation.
Peut-on cumuler l’APA avec la PCH ?
Non, l’APA ne se cumule pas avec la prestation de compensation du handicap. Une personne éligible aux deux dispositifs doit choisir celui qui correspond le mieux à sa situation, sachant que les règles d’attribution et de calcul diffèrent sensiblement entre les deux aides.
Sources
Sources consultées le 26 août 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/l-apa-a-domicile
- www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/perte-d-autonomie-evaluation-et-droits/l-allocation-personnalisee-d-autonomie-apa